Le multilinguisme favorise l’échange culturel à travers le monde, donnant une force d’ouverture vers l’inconnu.

Le 12 février 2021, le projet de loi confortant les principes de la République contre les formes de séparatismes soumet l’instruction en famille sous une autorisation pour quelques cas spécifiques et que cette instruction en famille soit réalisée en majorité en langue française. Le 17 février, le ministère de l’Education nationale annonce une réduction de l’enseignement des langues régionales à 3 heures hebdomadaires par classe dans le secondaire. En effet, selon le ministre de l’éducation, M. Blanquer se justifie sur le fait que les élèves parlant déjà une langue régionale cela ne sert à rien de les apprendre d’avantage. M. Blanquer, va-t-il également dire cela pour la langue française ?

Le 26 septembre, c’est la journée européenne des langues depuis l’année des langues d’Europe en 2001 créée par le Conseil de l’Europe. Cette journée a été créée pour sensibiliser, promouvoir et encourager l’apprentissage diversifié des langues. Il est proposé aux pays membre de l’Europe de faire vivre cette journée dans les centres culturels, mais aussi dans le milieu scolaire permettant l’occasion d’en apprendre plus sur d’autres cultures, traditions et langues qui ne sont pas habituellement présentées en classe.

Riche de près de 75 langues Régionales, la France est un des pays d’Europe qui compte le plus de langues sur son territoire (breton, corse, kanak, basque, alsacien, tahitien, occitan, créole, … ). En Europe, on classifie 24 langues dites officielles et 60 langues dites minoritaires.

Plusieurs études démontrent bien que le bilinguisme est une force pour l’apprentissage des langues, mais aussi pour résoudre plus rapidement des problèmes (Etude de l’université d’Anvers,Centre canadien d’études et de recherche en bilinguisme et aménagement linguistique,…)

L’apprentissage des langues n’est pas uniquement un moyen de communication mais c’est surtout un moyen de comprendre et d’en savoir toujours plus des cultures des autres pour partager la sienne.

La langue française est très diverse (accents et mots différents selon les coins de France et de pays francophones) et cela permet un échange culturel. La France à une richesse culturelle et linguistique supplémentaire qui est celle des peuples qu’elle a assemblée au fil de l’histoire. L’histoire passée a démontré que l’assimilation provoque la frustration par sa volonté d’uniformité. Le présent doit dès aujourd’hui construire l’avenir vers la diversité qui permet l’épanouissement des individus, facilitant la fraternité par l’échange des savoirs.

Depuis 1982 (circulaire ministérielle n°82-261) l’enseignement public national permet l’ouverture de classe bilingue français/langue régionale.

Par exemple, en Bretagne, ces classes bilingues existent encore en trop petit nombre surtout en Loire-Atlantique. 3 % des élèves scolarisés en Bretagne apprennent le breton. L’Education Nationale s’attaque à un enseignement minoritaire.

Les parents (ayant des liens avec la culture bretonne ou pas) souhaitant permettre à leurs enfants cette possibilité d’apprentissage ne le peuvent très souvent pas. Lorsqu’il n’existe pas d’école publique proposant, cela dans leur commune, ces parents passent aux écoles associatives Diwan qui manquent eux aussi de plus en plus de place face à la demande grandissante. C’est l’association de parents d’élèves pour l’enseignement du breton à l’école publique DIV YEZH qui permet de rassembler les demandes et orienter les parents vers les écoles publiques qui le proposent.

Quelques citations :

  • « Les bilingues précoces sont ceux qui partent avec le meilleur capital » Gilbert Dalgan, Directeur de l’Alliance Française (réseau qui assure l’enseignement et de la culture française dans le monde)
  • « C’est blesser un peuple au plus profond de lui-même que de l’atteindre dans sa langue et sa culture. Nous proclamons le droit à la différence. Il est indigne de la France qu’elle rejette ses richesses, qu’elle soit le dernier pays d’Europe à refuser à ses composantes les droits culturels élémentaires, reconnus dans les conventions internationales qu’elle a elle-même signées… Au-delà des bonnes paroles, il faut des actes ! Le socialisme milite pour le libre épanouissement des peuples. Il permettra aux Bretons l’exercice de cette liberté fondamentale qui est de vivre sa culture. » François Mitterrand, alors candidat à la présidence de la République, à Lorient, le 14 mars 1981
  • « Sans identité, il n’y a pas de diversité » […] « À l’origine de la diversité, il y a les identités » […] « Il n’y a aucune raison à ce que nous soyons les seuls dans le monde à ne pas assumer cet héritage » Président de la République Française Nicolas Sarkozy, au Puy en Velay, le 3 mars 2011.
  • « L’enseignement de la langue régionale à parité horaire contribue au développement des capacités intellectuelles, culturelles et linguistiques de l’enfant, […] il conforte l’apprentissage du français et prépare les élèves à l’apprentissage des autres langues » Circulaire N°2001-167 paru dans le bulletin officiel de l’Education nationale du 13 septembre 2001.
  • « Je ferai ratifier la charte européenne des langues régionales ou minoritaires » promesse n°56 du Président de la République Française François Hollande (Pour la Loire-Atlantique Partie II, article 7 § 1.b) de la charte «le respect de l’aire géographique de chaque langue régionale ou minoritaire, en faisant en sorte que les divisions administratives existant déjà ou nouvelles ne constituent pas un obstacle à la promotion de cette langue régionale ou minoritaire »)

Vive l’Europe, la France, unies dans ses diversités.

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